LIBERTE POUR GAREGIN CHUGHASZYAN

L’Association Française des Avocats et Juristes Arméniens (AFAJA) et le Groupement Interprofessionnel International arménien (G2IA) demandent la libération de Garegin Chughaszyan, président du « Parlement fondateur », interpellé le 24 avril 2018 à Erevan, à son retour du mémorial du génocide des Arméniens.

Inculpé le 26 avril suivant sur le fondement de l’article 225 du code pénal, du chef d’organisation de troubles de masse au prétexte, selon nos informations, de manifestations pacifiques qui auraient été organisées deux ans auparavant, cet intellectuel arménien, opposant au régime et dénonciateur de la corruption endémique sévissant en Arménie, a été placé en détention provisoire pour une durée de deux mois.

Ecroué à la maison d’arrêt de Nubaraschen, Garegin Chughaszyan a interjeté appel de cette décision et a immédiatement entamé une grève de la faim. La Cour d’appel doit examiner son recours dans les tous prochains jours.

Garegin Chughazyan est un expert en technologie de l’information, internationalement reconnu et distingué à différentes reprises pour ses nombreux projets éducatifs relatifs à l’histoire et la culture arménienne, à l’instar de ses incontournables CD Rom multimédia sur le génocide des Arméniens, Komitas ou Aram Katchadourian.  

Garegin Chughazyan est l’un des petit-enfants de Minas Chughaszyan, haut fonctionnaire ottoman arrêté et décédé à la suite de la rafle du 24 avril 1915, fils de Babken Chughaszyan directeur adjoint du Madénataran entre 1963 et 1993. Il est le frère de Levon Chughaszyan, professeur d’histoire de l’art et président de la chaire de l’Art arménien à l’Université d’Etat d’Erevan.

Profondément inquiet par la dérive autoritaire de son pays placé sous la coupe d’une oligarchie s’appropriant l’économie de l’Arménie et favorisant l’exode d’une partie importante de sa population, Garegin Chukaszyan s’est engagé depuis quelques années dans la vie politique arménienne en devenant président du mouvement « Parlement fondateur ».

L’AFAJA et le G2IA, associations membres du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), demandent la remise en liberté de cet intellectuel arménien, dont le parcours professionnel et l’engagement politique ont été au service de la culture arménienne et la création d’un Etat de droit en Arménie.

L’AFAJA et le G2IA entendent exprimer leur plus vive préoccupation et leur vigilance quant à l’évolution de son état de santé, alors qu’il observe depuis une semaine une grève de la faim.

A l’aune des évènements qui secouent l’Arménie depuis plusieurs semaines et des manifestations populaires et pacifiques de sa population qui ont conduit le premier ministre Serge Sarkissian à démissionner, à l’heure où l’espoir d’une liberté et d’une démocratie retrouvées souffle à nouveau dans le pays et vient consacrer les combats politiques dans lesquels s’est engagé Garegin Chukaszyan, les poursuites initiées à son encontre suscitent une profonde incompréhension et une vive inquiétude.

Sa mise en détention préventive, qu’aucun élément objectif ne semble devoir justifier, relève d’un harcèlement politique que nos associations ne sauraient accepter.

 

Paris le 2 mai 2018.